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Les ayatollahs en cache-sexe du Grand-Orient

On critique suffisamment le Conseil représentatif des institutions juives de France lequel, chaque année, réunit à son dîner le gratin des politiques pour qu’ils lui fassent allégeance, pour ne pas vous écrire deux mots sur un des « marronniers » favoris des journalistes : le Grand Orient de France !
Les principaux candidats à l'élection présidentielle de 2012, Marine Lepen exceptée pour cause d'incompatibilité d'humeur et Nicolas Sarkozy pour des raisons encore mystérieuses, ont été invités à s'exprimer dans le « Temple » de la rue Cadet à Paris. Et ils y sont tous allés ! Même Bayrou, le catholique, assurant son auditoire de son attachement « viscéral » à la laïcité !
Mais, c'est quoi le Grand Orient de France ?
A l'origine c'est une Obédience, c'est-à-dire une association de Loges maçonniques. A ce titre elle remplit une fonction purement administrative et, le cas échéant de contrôle, mais c'est tout.
Aujourd'hui, l'article 1 de sa Constitution stipule que le Grand Orient est une société philanthropique (bien..), philosophique (c'est quoi exactement ?...) et progressive (qui traduit une évolution linéaire de l'Histoire, c'est un point de vue...), il recherche la vérité (avec un petit « v ») et la pratique de la solidarité (comme les restos du cœur...) et, ajouté récemment, un attachement particulier à la laïcité.
Bref, de belles intentions, un peu comme les promesses des politiciens.
Pas un mot, par contre, sur l'aspect initiatique de la franc-maçonnerie, cette société qui, pour Mircea Eliade, est la seule légataire de l'apport initiatique occidental.
Or, c'est précisément ce qu'est la franc-maçonnerie ; une société initiatique et qui, précisément parce qu'elle est initiatique, se doit d'être muette sur le plan politique et religieux. Tout ce que le Grand-Orient de France n'est pas ! Il y a donc de son chef usurpation de titre, mais comme « franc-maçon » n’est pas protégé par un « copyright ». Faut-il que ces messieurs (et maintenant ces dames) portent tablier et gants blancs pour parler du statut des fonctionnaires de polices ou interrogent des candidats à la magistrature suprême ? De quel droit le font-ils, que représentent-ils en dehors d'eux-mêmes ? Quelle est leur légitimité à se donner le titre de « colonne vertébrale de la République », voire « Temple de la République » ou, comme le disait monsieur Mélanchon , « religion de la République » ? Pour préserver les « valeurs républicaines », il y a la Constitution de la République, l'Assemblée et le Sénat, faut-il y ajouter des ayatollahs en cache-sexe ?
Quand on interroge les francs-maçons de base, on constate que, dans leur grande majorité, ils ne se soucient pas de ce que dit et fait en leur nom leur instance représentative. La plupart d'entre eux se réunissent avec plus ou moins de plaisir, quelques-uns s’imaginent que cette adhésion favorisera leur carrière administrative ou professorale, ce en quoi ils se plantent, d’autres cultivent le copinage qu’ils appellent « fraternité ». On ne peut pas tous les jours aller au Café du Commerce, n’est-ce pas ? Leurs travaux, qu’ils qualifient de « planches » ne sont même pas du niveau d’une terminale et atterrissent invariablement dans des archives dont seuls quelques grands initiés connaissent l’emplacement réservé, quand ils ne l’oublient pas, bien entendu.
Le Grand-Orient apparait donc comme une outre vide, vivant sur une réputation de pouvoir et de mystères sulfureux qui ne se révèlent qu'à des initiés. Alors qu'au mieux, il n'est qu'un groupe de pression, une fédération de réseaux au service d'intérêts particuliers. Comme le plus profane des syndicats !
Ce qui fait qu'il invite des hommes politiques à s'expliquer dans son « Temple », et que, dans le même temps, en farouche « défenseur de la laïcité » il s'étranglerait de rage si ces mêmes hommes politiques le feraient à l'évêché de Paris !
Quant au contenu initiatique de sa mission, bien des francs-maçons, y compris du Grand-Orient, nous avouent que cette Obédience, la première de France, est aussi la dernière sur le plan initiatique, ce dont pâtissent ses membres qui, sur ce plan, sont souvent d'une débilité abyssale.
On exagère la puissance de la franc-maçonnerie, à vrai dire, elle ne vaut même pas la peine que l'on noircisse du papier sur elle. Elle compte, en France, toutes obédiences confondues, un peu plus de cent-cinquante mille membres, soit rien du tout !
A l'étranger, la franc-maçonnerie, dans son immense majorité, est « régulière », c'est-à-dire reconnue par la Grande Loge Unie d'Angleterre, dont un des critères de reconnaissance est l'interdiction absolue de discussions à nature politique ou religieuse dans les Loges lesquelles doivent, sans plus, se consacrer au contenu initiatique de leurs rituels.
Exception française, le Grand-Orient présente dans le monde maçonnique l'image d'un désordre obédientiel et celui d'une déviance grave de l'esprit initiatique démontrant ainsi une médiocrité doublée d'une prétention creuse à se vouloir représentatif.
Much ado about nothing comme l'écrivait Shakespeare, qui n'était pas de cette famille.
Beaucoup de bruit pour rien !

Ungern

 

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