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Le noachisme ou le judaïsme low-cost

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On dit que les Juifs ne prônent pas le prosélytisme, que l’on ne devient juif que par la mère et si on se convertit le risque est réel de ne pas être reconnu comme Juif à part entière. C’est vrai, même si dans l’histoire du judaïsme les périodes de conversion furent nombreuses, parfois  intense et qu’il fallut une interdiction des empereurs chrétiens pour y mettre fin. Dans le Talmud les commentaires sur les convertis sont pour le moins contradictoires : tel rabbin estimant que les convertis sont au judaïsme ce que le psoriasis est à la peau, un autre, au contraire, estimant que les convertis sont les perles du judaïsme. Allez donc vous y retrouver. Par contre, tous les courants religieux juifs sont d’accord pour dire que les non-juifs ne peuvent se convertir mais que s’ils le souhaitent ils peuvent suivre la voie noachite (prononcez le « ch » tel quel ou « k», c’est comme vous voulez) et qu’à ce sujet les Juifs doivent informer le monde non juif. Mettez le prosélytisme à la porte, il revient par la fenêtre ! C’est pour le moins original. La plupart des religions dans le monde ne se privent pas de pratiquer le prosélytisme, sauf peut-être certains courants hindous, mais les hindouis qui sont tous polythéistes estiment que ceux qui croient en Dieu ou les dieux sont aussi religieux qu’eux mais qu’ils vénèrent simplement une autre divinité. Pas de quoi faire de la pub pour les leurs. Sympa, non ?  Or là, chez les Juifs nous avons une situation pour le moins singulière : pas de conversion mais une affiliation via le noachisme.
Noé , vous connaissez tous, c’est un personnage biblique auquel  Dieu accorde la vie sauve, ainsi qu’à sa femme et ses trois fils, au moment du Déluge. Quand il cesse de pleuvoir, Noé sort de l’arche, il voit un arc en ciel, c’est un signe que Dieu n’est plus fâché, qu’il fait la paix. Se conclut alors une alliance entre Dieu et Noé. Tout contrat comportant des obligations, Dieu ordonne à Noé  de ne pas vénérer les idoles, de ne pas tuer, mentir, voler, forniquer, d’être un bon père, un bon époux, etc … et de ne pas manger d’animal vivant ( !). Bref, un ensemble d’obligations morales somme toute parfaitement naturelles. Nous sommes loin des 613 interdictions faites aux Juifs au moment de l’alliance avec Moïse.
Dans le judaïsme contemporain, pour les Juifs il y a les « fils d’Adam », qui sont les Juifs et – par analogie (Adam en hébreu veut dire « homme ») – les humains. Et puis les fils de Noé (les noachites), mais qui ne sont pas les fils d’Adam (sont-ils, dès lors, pleinement humain ?) et les autres, tous des mécréants, appelés Goyim. On peut lire dans le Talmud sous la plume de commentateurs aussi prestigieux que Maïmonide qu’il n’y a d’hommes que juifs, les autres créatures étant toutes animales. On peut, dès lors, se poser quelques questions, mais passons.
En lisant la Torah et les Prophètes, nous comprenons très vite que les Juifs sont appelés à être un peuple de Rois et de Prêtres. Cette expression « roi-prêtre » se retrouve pratiquement chez tous les prophètes mais particulièrement Isaïe.  Chez ce dernier il y a cette belle image de la montagne que gravissent toutes les nations, sous la conduite des Juifs (!), pour reconnaître le Dieu d’Israël et déposer à ses pieds leurs offrandes.
Peuple de rois et de prêtres, Israël, marche en tête et montre le chemin, image du berger guidant son troupeau. Le judaïsme est, depuis son origine, une religion pour le moins élitiste qui fait de ses adeptes des responsables du devenir de l’humanité tout entière, à supposer, une fois de plus, que les Goyim soient humains.
Le Christ en venant dans ce bas monde a perturbé les plans des Juifs. Le Divin Rédempteur a déclaré caduque l’ancienne loi et l’a remplacée par un commandement nouveau qui s’adresse à tous les peuples du monde sans distinction : aimez-vous les uns les autres (et non plus le « Juifs, aimez-vous les uns, les autres » de l’Ancien Testament).
Le noachisme est précisément cette position de suiveur du peuple juif prévue, non pas par la Bible (Torah), mais par le Talmud. Il n’a jamais été structuré, sauf récemment. Les Juifs dans leur histoire mouvementée ayant d’autres soucis et le christianisme ne se gênant pas in illo tempore pour rappeler leur statut de déicide.
Voici que quelques rabbins ont décidé de relancer cette catégorie du judaïsme. Ils ne furent pas trop bien accueillis. Mais ce n’est pas grave, que des rabbins s’écharpent sur des points de doctrine, même les plus mineurs qui soient, est la marque de fabrique du judaïsme. On est loin de la discipline romaine et papale.
En l’occurrence, voici un mouvement noachite, encadré par des rabbins qui permet à tout un chacun, dûment accepté,  de pratiquer un judaïsme low cost. A peine sept commandements à respecter (dont celui, très sémite, d’avoir des juges), pas de circoncision pour les hommes, mais des bains rituels pour les femmes (curieux …). Pas de synagogue, bien entendu, c’est réservé aux Juifs, mais des rabbins pour procéder à de petites cérémonies matrimoniales ou autres. Le prosélytisme est encouragé, le noachisme n’est rien d’autre que la religion de l’humanité. La religion catholique (universelle) en quelque sorte, mais pas romaine.
Après tout, s’il y en a, hommes ou femmes, qui veulent avoir des juges et un strapontin judaïque, qu’ils se fassent plaisir.
Cela conforte un peu, c’est vrai, les opinions de certains qui disent et écrivent que le mondialisme est inspiré par la doctrine judaïque telle que décrite par les Prophètes, Isaïe le premier. Mondialisme sous la férule juive, peuples assujettis aux docteurs de la loi de Moïse et suiveurs passifs du peuple élu dont ils assurent la logistique.
Cela expliquerait un Pape baisant la main d’un rabbin, les professions enthousiastes en faveur de l’Etat d’Israël, la sanctification de la persécution des Juifs par les nazis, cette dernière reprenant à son compte la Passion du Christ.
Balivernes que tout ça, le noachisme, contesté par maint milieu rabbinique, est une secte comme il y en a des dizaines de milliers, inspirée par le judaïsme et animée par des rabbins. Pas de quoi fouetter un chat.
Et le Protocole des Sages de Sion est un faux !

 

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