Compteur de visite

Hassidim et judaïsme

HASSIDIM.jpg

 

Le judaïsme n’est pas, comme le catholicisme, monolithique. S’y retrouvent des branches diverses et variées, comme celle des Juifs réformés où hommes et femmes sont à parité et où ces dernières peuvent accomplir leur bar-mitzvah, il y a aussi la « Refondation juive » qui modernise les rites, y inclut les femmes et, en plus, ne pratique qu’une circoncision symbolique sur un fruit afin de ne pas traumatiser le nouveau-né (ce qui est fort gentil !). Ces « modernisations » sont cependant minoritaires, l’orthodoxie, stricte ou plus ou moins adoucie, est la règle chez les Juifs qui, d’une manière ou d’une autre pratiquent leur religion et respectent (plus ou moins) ses 613 interdictions.
La communauté appelée Hassidim est née en Europe de l’Est au XVIIIe siècle; il y va d’un mouvement extatique d’adhésion à la loi divine. Il s’oppose à l’orthodoxie historique, dont il rejette la primauté faite à la connaissance et aux gnoses diverses, estimant que la danse, le chant et l’union spontanée et gratuite avec le divin, tout comme l’adhésion sans réserves au rabbin (rebbe), chef de la communauté, suffisent à assurer le salut de l’adepte. Les Hassidim, plus encore que les orthodoxes historiques, vivent en communauté, se vêtent à la façon des ghettos d’Europe de l’Est au XIXe siècle, parlent yiddish entre eux, rejettent le monde laïc, ostracisent les Juifs qui ne vivent pas comme eux et ignorent les Goyim. De la modernité, ils refusent l’internet, l’ordinateur, les tribunaux laïcs, la police (il leur est interdit de porter plainte à la police locale, mais bien chez le rebbe). Les hommes sont facilement reconnaissables à leurs papillotes, chapeaux coniques à fourrure (schtreimel), caractéristiques des ghettos de jadis, longue veste noire, chemise blanche toute boutonnée et sans cravate, les femmes, elles, dès qu’elles se marient se rasent les cheveux et portent perruques, elles ne peuvent s’épiler les jambes et doivent enfiler des bas de couleur autre que chair. Elles enfantent tous les deux ans environ, pas de contraception bien entendu et soumission au mari et aux mâles du groupe. Les mariages, conclus très jeunes, sont arrangés par les familles. La consanguinité est limite. Les enfants ne fréquentent pas les écoles publiques, mais les yéshivas (écoles rabbiniques) des Hassidim. Ils ne s’installent que dans les pays où cette possibilité leur est offerte. Avec comme conséquence que l’instruction des enfants est très déficitaire, tout juste du niveau primaire ; ils ne maîtrisent que peu ou prou la langue du pays où ils résident et ne connaissent pas grand-chose d’autre sinon les métiers de boulanger, boucher et autres de première nécessité.
Ils ne sont pas riches, à New-York ils bénéficient, juste avant les Noirs, de l’aide sociale, par contre la communauté est soudée, chacun (en théorie) se doit aide et assistance, bref, ils vivent « sectionné » du monde qui les entoure. Après tout, pourquoi pas, à chacun son trip.
Nous ignorons leur taux réel de criminalité, ils lavent leur linge sale en famille. De temps à autre des affaires de pédophilie (phénomène courant dans les sectes) arrivent jusqu’aux tribunaux civils, mais c’est rarissime. Pas de drogues, peu de meurtres, le fait qu’ils dédaignent la justice des profanes, entretient cette opacité.
Tout ce qu’on peut leur reprocher c’est de ne pas offrir à leurs enfants l’opportunité de découvrir le monde qui les entoure (caractère des sectes), à cela ils répliquent qu’ils vivent à part précisément parce que c’est la volonté du Créateur et qu’ils ont une fonction d’exemplarité irréductible à la vie profane. Et ajoutent que depuis l’Holocauste il leur importe de reproduire ce qui a été massacré. Explication comme une autre …
Leur position sur Israël est ambiguë; certaines communautés ne reconnaissent pas cet Etat qui pour eux n’est pas strictement juif, seul le Messie peut, disent-ils, fonder une terre d’Israël, d’autres l’acceptent du bout des lèvres mais, quand ils y vivent, refusent d’accomplir un service militaire ...
Les Hassidim sont intéressants comme le sont toutes les communautés d’exaltés. Ils ne font pas (ou peu) de tort aux tiers, ne pratiquent pas le prosélytisme, du moins chez les Goyim, leur refus de l’uniformité au monde moderne, c’est leur affaire.
La foi est-elle ainsi vivifiante, la voilà la bonne question ?
Il y a beaucoup de demeures dans la maison du Père, comme nous l’enseigne l’apôtre Jean.
Que nos Hassidim ne connaissent pas …
Dommage !

A voir : le documentaire « One of us » ( L'un de nous) produit par Netflix.

Les commentaires sont fermés.