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Sexe et maturité

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Balthus : "Thérèse rêvant" (huile sur toile, 1938)

 

A la une du jour, l’arrêt de la Cour d’Assises acquittant un homme accusé de viol sur une mineure de onze ans. Comme la contrainte et la violence n’ont pu être prouvés, la Cour a estimé que la fillette était consentante. Du coup la ministre du droit des femmes ( ce ministère indispensable existe !),madame Schiappa, profite de l’occasion pour se refaire une virginité elle réfléchit à l’éventualité d’introduire dans le droit un seuil de consentement qui serait fixé « entre treize et quinze ans ». Sous ce seuil, ce dernier serait considéré comme absent dans tous les cas.
Dans le nôtre, voilà une fille de onze ans qui accepte de suivre un individu qu’elle connaît à peine dans une chambrette et, après un flirt poussé, d’avoir une relation sexuelle fécondante puisqu’elle se retrouve enceinte. Elle a beau n’avoir que onze ans, les hormones, elles, sont adultes.
Elle ne porte pas plainte, place l’enfant à sa naissance et huit ans après crie au viol. Faudrait savoir.
N’ayant pas le dossier, nous ne pouvons en dire plus.
Est-ce une réponse intelligente que de fixer un seuil de maturité sexuelle ? Après tout, Juliette (celle de Roméo) avait quatorze ans, Béatrice (de Dante) treize, Laure (celle de Pétrarque) neuf, et la Lolita (de Humbert Humbert chez Nabokov) douze. Dans la tradition hébraïque, toute fille peut se marier un mois après ses premières menstrues. Marie, la Sainte Vierge, promise à Joseph, devait avoir onze ou douze ans, ne pas l’oublier.
Mais n’en restons pas là. De tels événements sont le résultat de l’hyper sexualisation d’une société qui veut que tout un chacun soit branché, performant et à la page. Une fille qui ne veut pas coucher, est marginalisée, un garçon qui ne collectionne pas les conquêtes n’est qu’un minus. Dès lors que l’amour s’exprime en performances sur l’oreiller et se mesure à la longueur du pénis ou la taille des seins, il est dénaturé et souillé.
La pornographie banalisée, l’individualisme exacerbé, le manque général de dignité ont fait que les repères classiques ne freinent plus la voracité des consommateurs. Après tout, il y a les contraceptifs et l’avortement, pourquoi se gêner ?
Ce n’est pas en arguant sur l’âge des partenaires que l’on contrera ces scandaleux faits divers. C’est en éduquant les jeunes, en bridant l’accès  à la pornographie et aggravant les peines réservées aux violeurs et autres agresseurs sexuels. En changeant de discours pour un autre, moins arrogant et plus respectueux envers le sexe, considéré comme autre chose qu’une consommation au même titre que les pizzas. Et puis, cessons de voir les femmes au travers d’un prisme qui veut qu’elle soient « bonnes » ou « moins bonnes ». Les choses étant ce qu’elles sont, autant rêver !
Les jeunes aujourd’hui, savent-ils seulement ce qu’est l’amour courtois ?
Non, ce n’est pas une position !

 

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