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De si braves Allemands

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« Le naufrage du Laconia » est une petite série (deux épisodes) germano-britannique qui fut tournée en 2011. Rien de transcendant dans ce téléfilm, des acteurs convenables, quelques longueurs dans l’épisode 2. Bref, pas de quoi en faire un papier.
Sauf qu’il y va d’une histoire vraie qui met en exergue l’esprit chevaleresque d’un commandant de sous-marin allemand qui, après avoir coulé un paquebot, le « Laconia », mué en transporteur de troupes, se porte au secours des passagers civils et autres qui se trouvaient à bord.
En septembre 1942, un sous-marin allemand repère dans l’Atlantique, au large de l’île de l’Ascension, un bâtiment civil armé,vraisemblablement un transporteur de troupes (ce qui est le cas). Le commandant du U-boot 156, Werner Harpenstein, décide de le torpiller. C’est sa mission. Il ne sait pas qu’en plus de prisonniers italiens (1800), il y a des civils anglais et autres.
Le Laconia fait naufrage en moins de deux. Quand le commandant allemand réalise que des civils sont à l’eau et en danger de mort, il décide de les recueillir et de les sauver. Ce n’est pas vraiment inscrit dans ses instructions, mais cela participe d’une tradition maritime non écrite.
Ce qui nous frappe dans le film, c’est précisément la présentation simple, objective et sans trop de pathos des événements. Le commandant allemand est un fils de très bonne famille, on aurait pu nous le présenter comme un anti-nazi compulsif et infiltré, pas du tout, c’est un patriote qui n’oublie pas qu’il est allemand. Mais c’est un soldat et un soldat qui se respecte ne s’attaque pas à des civils.
C’est aussi à sa manière un chevalier, et ce dernier, sous peine d’indignité, protège les faibles et les démunis. Il exige de ses hommes (sans difficultés) qu’il mettent tout leur enthousiasme à secourir ceux qui peuvent l’être.
Le film va plus loin et relate sans excuse le comportement des Anglais. Quand ces derniers sont avertis par le sous-marin allemand lui-même de sa position et de la présence de civils en détresse à son bord, il croient à une ruse de guerre et n’y donnent pas suite, mais demandent quand même aux aviateurs américains « d’aller faire un tour », sans en leur dire plus. Perfide Albion !
Et là, sans farder quoi que ce soit, l’histoire relate un crime de guerre. Les aviateurs parvenus à la hauteur du sous-marin communiquent à leur PC ce qu’ils voient : un sous-marin aux couleurs de la croix-rouge, des civils par dizaines sur le pont et, amarrées à ce dernier, des barques chargées de naufragés.
L’officier américain de la base ne fait pas dans la dentelle. Il y a un sous-marin allemand, qu’importent le drapeau de la croix-rouge et les civils, c’est un ennemi, il ordonne de le bombarder sans état d’âme. Ce que l’équipage du bombardier fait sans y mettre trop de coeur certes, mais les ordres sont les ordres (Befehl ist Befehl, en allemand !). Ce qui est fait et cause de sérieux dommage au submersible.
La suite de l’histoire est dans la même veine. L’amiral Dönitz, chef de la flotte allemande, qui avait donné son aval pour cette opération humanitaire, ordonne, après cette félonie, que les civils et les prisonniers italiens récupérés retrouvent leurs chaloupes et reprennent la mer où les attend, un peu plus loin, un navire français. Ils reviendront tous sains et saufs. Sur les mille huit-cents prisonniers de guerre italiens, tous enfermés dans des cages dans les cales du « Laconia », seul quatre cents parviendront à se sauver.
En Allemagne, Harpenstein est décoré et cité en exemple. On est loin de la « barbarie nazie », même si l’amiral Dönitz donnera des instructions interdisant à l’avenir pareille action. Ce que feront aussi les responsables anglais et américains.
N’empêche, au « procès » de Nuremberg, cette interdiction lui fut reprochée et il écopera de dix ans de forteresse. Les amiraux anglais et américains ne seront jamais poursuivis, ni cet officier américain qui donna l’ordre de ne pas tenir compte des civils naufragés.
Harpenstein s’était vu proposé un poste peinard à l’amirauté. Il refusera et reprendra du service. En 1944 son sous-marin fut coulé quelque part en Atlantique. R.I.P
Pour une fois, l’Histoire n’était pas racontée que par les vainqueurs.
Un bon début !

 

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