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Tron : un procès tronqué

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Georges Tron, maire et, accessoirement, réflexologue plantaire  …

 

Les commentaires vont y aller bon train. Selon que vous soyez puissant ou misérable … C’est toujours les mêmes qui s’en sortent …. Avec un bon avocat … etc.
L’affaire Tron, c’est des agressions sexuelles et viols (en réunion, s’il vous plaît). Georges Tron est maire, il fut secrétaire d’État. Il nie les faits. C’est donc parole contre parole.
Nous n’avons pas connaissance du dossier, nous savons qu’il y a des plaignants qui sont des mythomanes, des délirants, des haineux, mais il y en a aussi qui disent la vérité, toute la vérité, rien que …
Le président de la Cour d’Assise, jeudi dernier, interroge une des plaignantes. Le ton est brusque, cassant, il l’interrompt, demande des précisions du genre :
Vous portiez un string ou une culotte ? Des collants ?
Il vous a mis les doigts dans le vagin, alors …
Un seul ?
Avouez que c’est pour le moins gougnafier et traumatisant. Un juge n’a pas à faire revivre leur traumatisme aux plaignants. Il doit savoir comment on interroge celui ou celle qui s’affirme victime et le faire avec intelligence et tact. La presse unanime accuse ce président d’être brutal et réducteur.
Jeudi soir, sur France2, l’émission « Envoyé spécial », diffuse le témoignage d’une des plaignantes ainsi que celui d’une collaboratrices de Georges Tron. Il n’en sort pas grandi, c’est le moins qu’on puisse dire. Aucune loi n’interdit de rendre public ce reportage alors qu’un procès en Assises est en cours, mais c’est pour le moins interpellant et partial. Voilà qu’avant même la conclusion du procès, cette émission présente l’accusé comme un parfait coupable.
Dès lors, à l’audience de vendredi matin, Me Dupond-Moretti, saisi la balle au bond et demande le report du procès, estimant que la sérénité des débats est plus que jamais compromise. S’en suivent des heures folles où, après avoir refusé la requête de l’avocat, ce dernier révèle que le président a déclaré au cours d’une réunion privée avec les avocats qu’il aurait souhaité qu’une femme juge ce genre d’affaires, le président aurait avoué à demi-mots qu’il n’était pas vraiment à la hauteur des débats. Tollé, protestations, Me Dupond-Moretti viole le secret des coulisses et des apartés. Bref, cela tourne à l’aigre, des avocats parlent de « terrorisme judiciaire » et, effectivement, tout a été dit, le procès part en vrille. Report !
Ce qui précède ne prouve qu’une chose : il y a des magistrats manifestement incompétents et qui maquillent leurs manques par une agressivité qu’ils nomment « neutralité ». Et cette incompétence n’apporte rien à la vérité et prolonge au-delà du raisonnable l’attente légitime des victimes.
Tron a-t-il gagné pour autant ? Ce n’est pas sûr. l’opinion publique fera la rapprochement entre ce report et la carrière politique de l’accusé.
Quant aux plaignantes, elles seront sans doute (re)interrogée par un président, peut-être une femme, un peu plus intelligent et compétent.
Déjà six ans qu’elles attendent ce moment.

LOUP 1

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