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  • Maurice Dantec vivant

    dantec

     

    La pensée athéiste ne cesse de progresser, elle, comme une diarrhée flatulente dans l’intestin, c’est d’ailleurs là sa marque de fabrique. (Maurice Dantec, American  Baby Box)
    Il est mort trop tôt celui qui à juste titre avait pris le relais de l’immortel  Léon Bloy et on le regrette, lui qui, bon penseur et docte philosophe, dénonçait l’asservissement de l’homme à la machine, sa propension folle d’être un créateur quand sa destinée est celle d’un humble découvreur.

    Son christianisme est original : converti catholique mais tout juste « Concile de Nicée » et  pas Vatican deuxième mouture. Il  dénonce avec raison et fougue l’hérésie protestante et ses poisons qui alimentent et fécondent vicieusement le monde moderne. Et puis, curieusement,  confesse son sionisme intégral. Il écrit sans plaisanter que Jérusalem est juive depuis « au moins cinq fois dix siècles » alors que toutes les fouilles, tous les historiens s’accordent pour affirmer que Jérusalem et la Judée c’est mille cinq cents ans avant Jésus-Christ au maximum. Il semble oublier que le christianisme rend caduc le judaïsme et lui ôte toute légitimité, ce dont fait fi aussi le jésuite qui est Pape à Rome. Ainsi, d’une part  il accuse Luther et Calvin qui firent de leur foi une regressio ad iudaismo et de l’autre il encense ce même judaïsme. Faudrait savoir …
    Qu’il en ait eu marre jusqu’à la nausée de la France et de ses élites dégénérées qui se congratulent les unes les autres au cours de communes orgies masturbatoires, on le comprend, mais se réfugier au Québec, c’est comme passer du Fouquet’s à Saint-Germain, pareil au même ! Rien n’est plus con qu’un intello québécois. Quant au Canada, c’est un laboratoire d’expérimentation idéal pour un multiculturalisme  naïf, suicidaire et débilitant, mais ce n’est pas grave. Le Canada, encore moins que les Etats-Unis, n’est une nation, tout juste une Etat qui délivre  des papiers et impose ses résidents. Une résidence, c’est ça, tout juste une résidence, le Canada, rien d’autre. Et que la Reine Elizabeth II soit sa souveraine n’y changera rien, pour le monarchiste Dantec, la monarchie n’est pas un patchwork ni une auberge espagnole.
    N’empêche, malgré tout ce qui précède, il faut lire et relire Dantec, c’est un remontant de premier ordre, une bouffée d’air frais dans ce climat putride et délétère, cadre de notre quotidienne et militante survivance.


    Nous nous réjouissons de la victoire de Trump et de la déconfiture de tous ces salauds de journaleux qui l’ont cloué au pilori et prédit sa défaite toute honte bue. Qu’ils crèvent dans leurs déjections !

    Nathalie Kosciusko-Morizet a ceci de bon qu’elle nous démontre, s’il le fallait, que crevure est un mot féminin.

  • Le "strorytelling" ou l'art de nous enfumer.

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    "Il était une fois". Pour capter l'attention de vos interlocuteurs, rien ne vaut cette formule-choc. Les hommes aiment les histoires, ils vous écouteront, croyez-moi.Une histoire permet d'explorer les conditions d'une expérience possible, les nouveaux rapports au temps et à l'espace.
    On invente un « peuple qui manque » comme dirait Deleuze. Qui n'a pas été Sitting Bull, Lancelot, le petit chaperon rouge ou la Sophie et ses malheurs ?
    Cette possibilité de l'histoire n'a pas échappé aux publicitaires. Aujourd'hui, plutôt que de vanter les mérites intrinsèques de l'objet, ils racontent l'histoire de ceux qui l'utilisent.
    Vous savez comme moi combien les utilisateurs des chaussures de sports N... sont jeunes, beaux, athlétiques, et performants. Autant que ceux qui portent les vêtements X ou portent la montre Y. On ne vous annone plus les caractéristiques techniques de la chaussure, du vêtement ou de la montre. Ce n'est pas porteur.
    Les hommes politiques ont compris l'impact de l'histoire sur leurs électeurs.  Bien plus que d'austères statistiques, de fichiers Power Point ou Excell, ils se mettent à raconter une histoire : la leur ! Obama, jeune étudiant nécessiteux qui vient à bout des préjugés et pièges d'une société de blancs nantis. Clinton, la femme de l'autre, qui raconte sa saga d'épouse du Président, ses combats pour que prévale son avis dans la nomenklatura mâle, son expérience acquise au bout d'une lutte âpre et sans merci.
    L'histoire de ces conteurs est toujours au diapason de celles et de ceux qui l'écoutent. Ce ne sera jamais une histoire vraiment extraordinaire, mais une histoire qui pourrait faire dire : cela aurait pu être moi !
    Comme pourrait être « moi », le gosse pauvre de banlieue  qui devient champion de basket, les chaussures N... aux pieds, ou « moi » ce pdg en herbe qui devient « wonder boy » la montre X au poignet et les lunettes R.B sur le nez.
    Ces « stories » sont des protocole de dressage qui visent à contrôler des pratiques, à s'approprier savoirs et désirs des individus.
    « A travers l'injonction aux récits lancée par toutes sortes d'instance du pouvoir, nous assistons bien à l'émergence d'un nouvel ordre narrratif. ». (Christian Salmon, Le Storytelling, La Découverte, p.213)
    Ce nouvel ordre narratif (N.O.N) dessine un nouveau champ de lutte démocratique : ses enjeux ne seront plus seulement le partage des revenus du travail et du capital, les inégalités au niveau mondial, les menaces écologiques, mais aussi la violence symbolique qui pèse sur l'action des hommes, influence leurs opinions et instrumentalise leurs émotions, les privant ainsi des moyens intellectuels et symboliques de penser leur vie.
    Henri Guaino, conseiller du Président Sarkozy, déclarait aujournal Le Monde en juillet 2007 :
    « La politique c'est écrire une histoire partagée par ceux qui la font et par ceux à qui elle est destinée. On ne transforme pas un pays sans être capable d'écrire et de raconter une histoire. ». Ce disant, il s'en référait à un De Gaulle capable d'écrire un récit collectif faisant d'une nation, une narration.
    Mais n'est pas De Gaulle qui veut !
    Ce même Henri Guaino a introduit dans l'équipe de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy des conseillers du Boston Consulting Group afin que les  membres de cette équipe « apprennent un autre langage ». (ibid, p.209).
    Comme quoi, vendre des chaussures de sport ou élire un homme à la présidence: même combat.
    Faut-il en rester là et subir ? Rien n'est moins sûr. Un peu partout des groupes d'intellectuels contrent cette offensive d'assujettissement de nos esprit. « La lutte des hommes pour leur émancipation qui ne saurait être ajournée par l'émergence de ces nouveaux pouvoirs, passe par la reconquête de leurs moyens d'expression et et de narration. Cette lutte a déjà commencé, elle se fraye un chemin dans le tumulte d'Internet et le désordre des stories, elle s'éveille à des pratiques nouvelles et minoritaires, échappant largement au regard des médias dominants, mais dont la puissance est bien réelle ». (ibid, p.212)
    Sachons être minoritaires.
    Et lisons l'excellent ouvrage de M. Christian Salmon.

  • Primaires: défilé chic et guindé

    Les journalistes, occidentaux surtout, étaient de ceux à qui il fallait sans cesse rappeler les évidences. (Maurice Dantec, Babylon Babies)


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