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  • La fausse sortie de Christiane Taubira

    Place Vendôme (Paris 1er), mercredi. Christiane Taubira ne voulait pas «sacrifier trente ans de convictions». 

     

    Voilà, exit madame Taubira au grand soulagement de la majorité des justiciables. Cette enfant terrible du quinquennat de François Hollande a remis son tablier après avoir fait sacrément parler d’elle. Nous sommes objectif, nos lecteurs le reconnaissent volontiers, nous allons donc, avec l’indépendance d’esprit qui nous distingue, analyser quelque peu la psyché de ce personnage. Christiane Taubira est une femme qui a réussi alors qu’au départ ce n’était pas gagné. De race noire, descendante d’esclaves africains, issue d’une famille de onze enfants d’où le père s’est éclipsé une fois pour toute. Sa mère meurt à quarante-neuf ans, vous imaginez d’ici le tableau. La vie n’a pas dû être facile à cette guyanaise, pas bête, au caractère bien trempé et l’envie d’en découdre au ventre. Elle a un compte à régler avec le destin et le ressentiment, très jeune déjà, anime toute son action.
    Elle commence par militer pour l’indépendance de la Guyane. Se débarrasser de ces blancs de Français, ce serait déjà ça comme revanche, pense-t-elle. Et puis son mari (dont elle divorcera en 1996) est un indépendantiste pur et dur. Mais les Guyanais ne sont pas très réceptifs. Les Français sont des blancs, certes, mais ils versent des allocations et des subsides et c’est toujours mieux chez eux que chez les voisins qui sont indépendants mais n’ont même pas de quoi mettre du rhum dans dans leur godet. Alors Christiane et son mari pédalent dans la choucroute. A défaut d’être guyanaise, elle sera au moins française. Choix de substitution. Et autant l’être au bon endroit, au bon moment et avec les bonnes gens. Elle milite au Parti Radical de gauche dont elle devient présidente. Elle fait des mains et des pieds pour que la France reconnaisse la honte de l’esclavagisme et y aille de sa repentance vraie et sincère et patati et patata. Elle joue de sa « minorité visible » comme d’autres avec les coudes, elle a son franc parler et fait son chemin. Toujours avec le ressentiment comme compagnon. La famille, par exemple. Elle n’en a jamais connue, quoi de plus jouissif que de chambouler sa conception traditionnelle française en présidant à la mise en œuvre du mariage des homosexuels, symbole s’il en est, de la disqualification du mariage.
    La prison ensuite. Faire peur aux bourgeois en expliquant que l’internement est essentiellement curatif et non plus punitif, que la prison est faite pour rédimer et que l’essentiel est d’en sortir, c’est régler des comptes avec une société blanche qui, aux yeux de Christiane, n’a de souci que sa sécurité petite bourgeoise. Et puis, elle le sait, les détenus sont essentiellement issus des minorités visibles. Il lui en coûte à Christiane de les voir stigmatisés derrière les barreaux. On peut la comprendre, non ? Et après tout, dit-elle de moins en moins en catimini, ils sont aussi victimes d’une société inégalitaire, injuste et criminogène. C’est parce que la société n’est pas faite pour eux qu’ils sont comme ça, donc il faut changer la société ! Pas besoin d’être grand psychologue pour comprendre qu’il y va chez elle d’une facture qu’elle présente à la société française blanche, catholique, familiale et qui tient à le rester.
    Que madame Taubira ait des idées, c’est son droit, que ces dernières ne soient pas les nôtre, ce n’est pas grave, ce qui l’est, c’est que son idéologie perturbe le jeu normal des institutions. Un garde des sceaux se doit de respecter la cohérence du code civil. Y introduire un mariage entre homosexuels est une aberration, un illogisme à ce point patent qu’il laisse sans voix. Un ministre de la justice a l’administration pénitentiaire dans ses attributions. Il lui appartient donc de conforter ses fonctionnaires et non pas les détenus avant les gardiens. De même avec les policiers. Quant à son dernier désaccord avec le gouvernement, cette déchéance spectacle de la nationalité, on peut, cette-fois, comprendre son souci juridique car, en effet, cette mesure est à la limite de l’anti-constitutionnalité. La franc-tireuse Christiane, on le voit, se préoccupe de la loi quand elle l’arrange.
    Madame Taubira, comme tant de ses pairs des deux sexes, est une idéologue qui obéit, pour reprendre le mot de Hannah Ahrendt, « à la logique de l’idée et non pas à celle de la raison ». Mais chez elle il y a aussi le ressentiment qui joue sa partition et connaissant le personnage, ce n’est pas fini, il y aura encore des factures à honorer. Elle n’est qu’en coulisses. Le rideau n’est pas tiré.
    Elle a encore des comptes à régler, la Guyanaise …

    Ungern