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heidegger

  • Pour une esthétique du dédain

    OFFICIER ARISTO

     

    L’homme est une maladie, écrivait Joseph de Maistre. Si la Terre est une peau, l’homme est sa maladie, lui répond en écho Nietzsche. L’homme est un être déchu, imparfait, à l’image d’une nature en proie à de féroces contradictions. Tout dans la création témoigne d’une permanente tension entre forces divergentes. Il n’y a rien à changer à cet état, c’est comme ça depuis la chute du premier homme qui s’appelle Adam dans notre tradition laquelle est partagée par toutes les autres.
    Faire donc de cet homme déchu la mesure de toutes choses, voilà qui n’est pas très malin. Protagoras, l’auteur de cette brillante maxime était un sophiste patenté et père du relativisme, on lui attribue le célèbre A chacun sa vérité, c’est dire le personnage.
    L’esthétique que nous prônons est celle du dépassement et du dédain de la plèbe. Celle qui cultive l’adéquation du vrai et du beau. Faire de sa vie une œuvre d’art n’est pas donné à tout le monde.
    La masse en tant que telle est gélatineuse, molle, innervée. Elle consomme et ne crée pas, elle est passive et stérile, elle n’est rien. Donner à cette non-entité un droit de vote par esxemple est un acte insensé, mais passons.
    L’homme n’est que dans la mesure où il entend dépasser sa nature. Devenir humain-plus-qu’humain, pour traduire correctement le Uebermensch de Nietzsche. Quitter la gangue matérielle qui le confine dans des frontières trop étriquées pour sa vraie nature et atteindre des rives nouvelles que l’on ne peut décrire faute de vocabulaire. Mener ce que Heidegger appelle une existence authentique.
    Voilà la doctrine qui sous-tend toute notre action. Elle est difficile, héroïque même à mettre en œuvre, elle exige un dépassement continu, elle est crainte par la plèbe, taxée de tous les noms mais notre silence méprisant est la réponse idoine.
    Œuvre au noir, au blanc, au rouge …

    Ungern