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juppé et cjhirac

  • Juppé tacle hors jeu

     

    Alain Juppé tombe le masque. L’homme est ferré, il se débat et tous les coups sont permis, le voilà qu’il attaque François Fillon sous la ceinture, le somme de s’expliquer à propos de sa position sur l’avortement, le mariage des invertis et l’adoption concédée ou non à ses derniers. Histoire d’enfoncer le clou et de cibler  son concurrent comme paravent de cette « extrême droite » et ses séides qui nous font si peur et nous rappellent des temps révolus (air connu).
    Qui est-il donc, ce monsieur Juppé pour faire la leçon ainsi ? Il est adoubé par ce vieux cheval de retour qui a pour nom Chirac, un homme qui a fait de la politique pour un parti, mais jamais pour son pays. Juppé est de la même veine qui privilégie les apartés de couloirs, les manœuvres de l’ombre, l’équilibre des compromis voire  la compromission assumée pour le plus grand bien de ces apparatchiks qui copulent entre eux.
    La France et l’Europe, voyez-vous, semblent se réveiller et revenir de rêves anesthésiants. Ce fut le cas en Grande-Bretagne, comme en Europe de l’Est , ce sera le tour de l’Allemagne bientôt.
    Les peuples ne croient plus à ces mots d’ordre, ces recettes miracles et ces leçons de civisme issus de théories ou d’idéologies qui ne « collent » plus au réel. Ils veulent du concret, c’est-à-dire du travail et de la sécurité et non pas qu’on leur explique depuis Bruxelles que le chauffeur de poids lourd bulgare qui leur pique un boulot le fait au nom de lendemains européens qui à leurs oreilles ne chantent toujours pas. Ni que l’immigrant clandestin rebaptisé « réfugié » soit présenté comme une « chance », alors qu’ils sentent que cet afflux accentue encore plus une insécurité latente qui sévit dans des banlieues qu’ils quitteraient illico s’ils avaient seulement l’argent.
    Les peuples ne comprennent rien à ces réunions « au sommet » entre gens qu’ils ne connaissent pas et qui souvent viennent de loin décider de leur destin, de celui de leur entreprise et de la taille de leurs cornichons. Ils se sentent exclus. Ils le sont. Ils ne croient pas à ce qu’on leur dit être « la démocratie » et, à juste titre, savent bien que ce sont quelques uns et quelques unes qui tirent les ficelles et pas nécessairement dans des institutions politiques mais aussi  bancaires, commerciales et financières très huppées. Alors, les politiciens ne les laissent plus indifférents, aujourd’hui ils les méprisent quand ils ne les haïssent pas.
    On leur dit que leur pays est en guerre. Ils savent, eux gens de rien,  qu’une  « cinquième colonne » est à l’œuvre dans les banlieues, ils comprennent que la police est débordée, mal équipée, mal aimée, ils ne comprennent pas le laxisme de juges idéologues et déjantés. Ils voudraient que l’ennemi soit désigné clairement,  à savoir l’islam. Mais non, on leur dit de ne pas faire d’amalgames (à force de l’entendre il comprennent ce que ce mot veut dire), qu’une « identité heureuse » les attend, ils voudraient bien savoir laquelle et quand la discussion aborde des sujets sérieux comme leur travail et leur retraite, ils savent mieux que ces nantis des parlements qu’il leur faut travailler plus pour toucher la même chose voire moins et dire « merci patron »  pour ne pas avoir délocalisé sa fabrique de colifichets en Syldavie.
    Alors, monsieur Juppé, ces circonvolutions, ses « droits dans mes bottes », ses positons centrales et équilibrées, ils s’en contrefichent ; ils sentent que sans un traitement de choc, le pays, l’Europe sont foutus.
    Et sur les ruines, d’autres, venus de loin, viendront grappiller violemment ce qui reste.
    Ils en ont l’habitude, ils faisaient ça chez eux, c’est même leur spécialité.