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manuel valls et françois holande

  • Valls : démission annoncée

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    Il est nerveux, impulsif, cassant même, mais ce n’est pas un imbécile. Il est aussi ambitieux, et pas un peu. Opportuniste, certes, il se sert de l’air du temps pour se mettre au diapason des opinions qui ont le vent en poupe et retourne sa chemise s’il le faut et sans état d’âme avec ça. Manuel Valls est premier ministre. Il fallait le faire, lui qui, aux primaires du parti socialiste, était arrivé avant-dernier, loin derrière un Montebourg dont on n’entend plus parler. Aujourd’hui, il est à un tournant. Attendez-vous donc à ce que dans les prochaines semaines il remette sa démission à un François Hollande que, dans le fond de lui-même, il méprise pour sa pusillanimité, son indécision et son indécrottable propension à vouloir concilier l’eau et le feu. Le prétexte, il l’a. La loi réformant le contrat de travail pour laquelle madame El Khomri, la pauvre, est mise en exergue. Cette loi, il la veut, elle consacre sa ligne totalement réformiste qui fera de lui un Margaret Thatcher français. Il a raison dans le contexte mondialiste et ultra-libéral qui régit le monde occidental. L’exception française faite de sécurité sociale héritée de la libération, ne tient plus. Désormais, il faut compter avec la dure loi de la jungle et en finir avec l’Etat providence de papa. Nous n’approuvons pas cette ligne, mais, les choses étant ce qu’elles sont et dans la mesure où Manuel Valls ne veut pas faire la révolution, c’est la seule à même de remettre la France en position compétitive dans le concert des nations. Or voilà que, sous la pression des syndicats, François Hollande fait marche arrière. Il tergiverse, hésite, prend du recul, promet des négociations, des amendements. Valls sait ce que cela signifie : un texte édulcoré, fade, sans goût, tout juste bon à servir de communication gouvernementale, bref, un coup d’épée dans un verre d’eau.
    Et puis, il y a la politique migratoire de la France. Valls sait que les Français ne veulent pas de migrants chez eux et lui-même estime que l’Europe n’a pas à accueillir toute la misère du monde. Il l’a dit en visite en Allemagne, prenant le contrepied de la politique de la chancelière Merkel. Ce n’était pas très diplomatique comme position, mais le bonhomme assume, il est comme ça. Il a dû n’apprécier que modérément le rectificatif de François Hollande en la matière. De quoi le mettre (une fois de plus) en colère. En fin, last but not least, il en a marre du petit jeu auquel excelle le président de la république qui joue un jour Macron contre Valls et le lendemain Valls contre Macron.
    Alors ? Rester premier ministre et couvrir une loi sur le travail qu’il désapprouve et sait vidée de toute substance et, en plus être solidaire d’un François Hollande qui dit haut et fort qu’il l’est de la politique allemande face aux migrants. Trop, c’est trop, il s’en va. Sans compter que c’est dangereux pour la suite de sa carrière. Il est encore jeune, veut jouer un rôle de premier plan. Partir en disant haut et fort (il ne pourra pas faire autrement, ce n’est pas son genre) qu’il s’en va parce qu’il estime que les altérations portées à sa politique plombent le pays, c’est quitter le gouvernement en rebelle, et se refaire une virginité pour les prochaines échéances. Et il sait lesquelles. 2017 probablement pas, même si sa candidature peut torpiller celle du président en exercice, mais 2022 sûrement.
    Et il ne partira pas seul, il s’est fait des fidèles qui, à la manière de ces maquereaux qui squattent le requin, espèrent récolter les miettes du pouvoir le jour où Valls le prendra. Il risque d’imploser, une fois pour toute, ce parti socialiste qui n’en finit pas de se déchirer. Et il s’en trouvera des gens de la droite bien-pensante pour suivre ce Catalan qui en veut et ressemble à un Juppé, les cheveux et les testostérones en plus. Quant à nous, révolutionnaires, qui luttons pour une pan-Europe impériale, identitaire et communautaire, Valls restera ce qu’il est, un serviteur zélé de ce système honni, un laquais de Bruxelles, Washington et, par sa femme comme il l’a si bien confirmé, Tel-Aviv.
    La totale, quoi !

    Ungern