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  • Les peuples méritent-ils la démocratie ?

     

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    Libéralisme, puis démocratie, puis socialisme, puis radicalisme, enfin communisme et bolchevisme ne sont apparus dans l’histoire que comme des degrés d’un même mal, des stades dont chacun prépare le suivant dans l’ensemble d’un processus de chute. Et le commencement de ce processus fut le moment où l’homme occidental brisa les liens avec la tradition, méconnut tout symbole supérieur d’autorité et de souveraineté, revendiqua pour lui-même en tant qu’individu une liberté vaine et illusoire, devint atome au lieu de rester partie consciente dans l’unité organique et hiérarchique d’un tout. Et l’atome, à la fin, devait trouver contre lui la masse des autres atomes, des autres individus, et devait être impliqué dans l’émergence du règne de la quantité, du pur nombre, des masses matérialistes et n’ayant d’autre Dieu que l’économie souveraine. Dans ce processus, on ne s’arrête pas à mi-chemin. (Julius Evola, Orientations, chapitre V)

    En France on se réveille et on apprend qu’un référendum à portée consultative, organisé en Loire Atlantique, donne vainqueurs les tenants du « oui » pour le projet de l’aéroport de Nantes  avec cinquante-cinq pour cent des voix. Curieux, d’après les sondages, c’était le contraire. On se réveille et on apprend en sus qu’en Espagne la droite l’emporte devant la gauche et surtout Podemos dont tous les sondages nous avaient prédit la victoire éclatante. Curieux.
    Un peu comme ce Brexit, que tous les sondages nous annonçaient comme perdant et qui au final est, d’après les journalistes qui sont des hommes polis et des femmes respectueuses, la « victoire des vieux sur les jeunes ». Le jeunisme a encore de beaux jours devant lui.
    Donc les Nantais auront leur aéroport quand les travaux commenceront et pour que cela se fasse il faut que les « jeunes » qui occupent depuis des mois le terrain du futur chantier déménagent. Seulement voilà, ces « jeunes » ont déjà dit que le seul résultat qu’ils reconnaîtraient c’est celui du « non », donc ils ne s’en iront pas. Et les journaleux qui sont des hommes polis  et des femmes …,  se posent l’existentielle question : faudra-t-il employer la force pour les déloger ? Et comme le gouvernement est dirigé par un Catalan fougueux coiffé par président mollasson, nous parions que le dossier de l’aéroport de Nantes sera aussi celui de leurs successeurs.
    Tout comme ils se posent la question : faut-il absolument que soit respecté le choix des Britanniques de quitter l’Union Européenne. Après tout, ce sont les vieux qui ont voté pour le Brexit, pas les jeunes et les vieux, en principe, doivent mourir avant les jeunes, donc les vieux ont volé leur victoire aux jeunes ! C’est que dit aussi ce monsieur Sutherland qui fut Commissaire Européen, directeur à l’OMC et ancien président de la banque Goldman Sachs. Un grand démocrate, celui-là. Il twitte qu’il faut « d’une manière ou d’une autre » annuler le vote. Quand on vous dit, écrit et bassine que la démocratie c’est « cause toujours » » …
    Le régime qui tient le haut du pavé en Europe occidentale est pourri. Il n’est que l’organisation de la consommation, acte éminemment anal pour reprendre une terminologie freudienne, sur lequel repose l’essence même de notre économie. La consommation est la satisfaction d’un désir, un hédonisme à la petite semaine, bon marché qui  assoupit les corps et annihile l’âme. C’est ce pour quoi nous devrions vivre et même, ils iront jusque-là, mourir. Merci, sans nous qui ferons en sorte, d’une manière ou d’une autre, que Monsieur Sutherland et consorts périssent avant nous. Les peuples n’ont pas d’idéal, ils n’ont que des besoins, comme l’écrivait Louis-Ferdinand Céline. Pour trouver encore un idéal quelconque qui ne soit celui de l’autosatisfaction issue d’un burlesque développement personnel, il faut se lever tôt. L’homme n’est plus qu’un tube digestif qui, comblé, doit transiter vers encore plus de satisfaction. Rien qui ne doive être « dépassé », comme le préconisait ce cher Nietzsche. C’est dire, mes amis, que ce n’est pas avec un bulletin dans l’urne que nous changerons grand-chose. Des lendemains se préparent qui seront sérieux et décisifs. Ce n’est pas ici que nous entrerons dans les détails.

    Les démocraties sont des pédérastes passifs. il leur faut le forgeron. (Paul Morand)